Parti cet été sous des cieux plus calmes, loin des projecteurs de Barcelone, Robert Lewandowski n'a rien perdu de sa capacité à faire parler. Dans un entretien accordé à The Athletic, l'attaquant polonais de 37 ans, désormais au Fire de Chicago en MLS, a livré une mise en garde frontale à la nouvelle génération de stars du football mondial, Lamine Yamal en tête.
"À l'avenir, il sera impossible de rester au sommet aussi longtemps que nous l'avons fait", prévient Lewandowski. "Aujourd'hui, tout va beaucoup plus vite pour les jeunes joueurs. Ils atteignent le plus haut niveau beaucoup plus tôt que notre génération. Mais justement, il leur sera plus difficile d'y rester longtemps."
Le constat du Polonais ne porte pas sur un manque de talent ou de caractère chez ces jeunes prodiges, mais sur un phénomène purement physique, selon lui inévitable à long terme : "Pas à cause de leur mentalité, mais à cause de la fatigue physique. Même si ce sont des joueurs extraordinaires, ils restent des êtres humains. Et quand tu obtiens tout très tôt, tu finis peut-être par perdre une petite partie de cette faim qui te permet de rester au sommet."
L'avertissement a un poids particulier venant de lui. Lewandowski a débuté sa carrière professionnelle à 18 ans au Znicz Pruszków, avant d'exploser en Europe via le Borussia Dortmund puis le Bayern Munich, où il a dominé le football allemand et européen pendant près d'une décennie, avant de rallier le FC Barcelone à 33 ans. Au total, une longévité au sommet d'environ 20 ans, un cas presque unique à ce niveau d'exigence.
Lamine Yamal, lui, n'a que 19 ans et impressionne déjà l'Europe entière par sa précocité à Barcelone, où Lewandowski a pu observer son éclosion de près pendant une saison commune. Le même avertissement vaudrait, selon le Polonais, pour les autres cadors de cette génération montante comme Kylian Mbappé ou Erling Haaland, également cités dans l'entretien à The Athletic parmi les stars dont la fenêtre de domination pourrait se révéler plus courte que celle des générations précédentes.
L'histoire récente du football donne d'ailleurs quelques exemples qui vont dans ce sens. Raphaël Varane, lui aussi précoce (arrivé au Real Madrid à 18 ans), avait mis un terme à sa carrière à seulement 31 ans, évoquant une fatigue physique et musculaire accumulée trop tôt. Il avait également révélé avoir traversé une période de dépression à son arrivée en Espagne, loin de l'image lisse souvent associée aux jeunes talents qui explosent trop vite.
Reste à voir si Lamine Yamal, Mbappé ou Haaland confirmeront ou démentiront ce pronostic dans les années à venir. Pour l'instant, le Ballon d'Or 2026 doit justement se jouer en grande partie entre certains de ces mêmes joueurs, preuve que la domination précoce, elle, est bien réelle.