Le début de saison de Davide Ancelotti à la tête du LOSC vire au procès en légitimité. Trois défaites en trois journées de phase de ligue de Ligue des champions, la dernière en date concédée 2-4 à domicile face à Galatasaray mercredi, placent les Dogues à l'avant-dernière place de la compétition et relancent les interrogations sur les compétences du jeune entraîneur italien.
Dans l'émission "Rothen s'enflamme" sur RMC ce vendredi, Jérôme Rothen n'a pas mâché ses mots envers le technicien de 37 ans, arrivé à Lille cet été pour succéder à Bruno Genesio, parti entraîner l'Olympique de Marseille. L'ancien milieu de terrain du Paris Saint-Germain met directement en cause le parcours de Davide Ancelotti, qui a été l'adjoint de son père Carlo entre 2016 et 2025, au Bayern Munich, à Naples, Everton, au Real Madrid puis avec la sélection brésilienne, avant de prendre les rênes de Botafogo comme entraîneur principal entre juillet et décembre 2025.
"C'est pas contre lui de dire que c'est tombé du ciel pour lui d'arriver là, à entraîner une équipe de Ligue des champions en tant que coach n°1", lance d'abord Rothen, avant d'enfoncer le clou sur le fond du problème selon lui : la légitimité même de sa nomination. "Tu veux que je t'en sorte des adjoints qui ont bénéficié du gros travail du n°1 ? Si Davide est à Lille aujourd'hui, c'est uniquement parce que c'est le fils de Carlo ! Il y a un gros point d'interrogation sur ses compétences quand même pour entraîner un club comme Lille qui doit être dans le haut du tableau de Ligue 1 et qui doit jouer en Ligue des champions", développe-t-il, sans détour.
Le tableau n'est pourtant pas uniformément noir pour le successeur de Genesio. En Ligue 1, le LOSC occupe provisoirement la place de co-leader avant d'aborder la 8e journée, un classement qui tranche nettement avec la déroute européenne. Emmanuel Petit, consultant RMC, tempère toutefois cet indicateur favorable : pour lui, ce classement est "trompeur" compte tenu du contenu de jeu proposé par l'équipe et de succès souvent obtenus à l'arrachée plutôt que par la maîtrise.
La trêve n'existera pas pour Davide Ancelotti et son groupe, puisque Lille se déplace dès dimanche (15h) à Monaco, l'autre co-leader du championnat, pour un choc qui pourrait rebattre les cartes en tête de la Ligue 1. Une victoire renforcerait sa position sur le plan national ; une nouvelle contre-performance, en revanche, donnerait davantage de poids aux doutes exprimés par Rothen à quelques jours d'enchaîner avec la suite d'une phase de ligue de Ligue des champions déjà compromise.