La crise ne retombe pas à Manchester United. Ce dimanche, pour la réception de Bournemouth à Old Trafford (coup d'envoi à 15h), Michael Carrick a pris une décision forte en laissant son capitaine Bruno Fernandes sur le banc des remplaçants au coup d'envoi.
Une mise à l'écart qui intervient quatre jours après que le milieu offensif portugais a publiquement critiqué les choix tactiques de son entraîneur, au lendemain de la lourde défaite 4-1 concédée à Côme en Ligue des champions. Interrogé sur la philosophie de jeu mancunienne ce soir-là, Fernandes n'avait pas mâché ses mots : "C'est une décision du staff de ne pas presser en individuel et parfois de laisser de l'espace dans le dos pour essayer de récupérer le ballon, mais parfois, quand tu donnes de l'espace à ce genre d'équipes, elles prennent confiance."
Relancé pour savoir si Carrick s'était trompé dans ses choix, le joueur de 32 ans s'était encore montré piquant : "C'est au manager et au staff de le voir, pas à moi. Parfois, il faut être plus courageux sous pression, prendre le risque de presser haut et de les mettre mal à l'aise." Une analyse à peine voilée du manque d'ambition prêté à son coach, venant d'un joueur qui porte pourtant le brassard depuis l'été 2023.
Le symbole est fort : jamais depuis qu'il est capitaine, Fernandes n'avait été écarté du onze de départ pour un motif autre que physique. Il avait pourtant disputé l'intégralité des sept premiers matchs de championnat et été titularisé lors des trois rencontres de Ligue des champions disputées cette saison.
Cette décision intervient dans un contexte déjà explosif à Old Trafford. Manchester United n'a remporté que 2 de ses 11 derniers matchs toutes compétitions confondues et pointe à une inquiétante 15e place de Premier League à l'aube de ce rendez-vous face à Bournemouth. Carrick, de plus en plus critiqué en interne comme en externe, est sur un siège de plus en plus éjectable.
En écartant son propre capitaine, l'entraîneur mancunien envoie un message clair à l'ensemble de son vestiaire : personne n'est intouchable, pas même le joueur le plus emblématique du club sur le terrain depuis plusieurs saisons. Reste à savoir si ce coup d'autorité stabilisera un groupe en pleine tourmente, ou s'il ajoutera une tension supplémentaire à une situation déjà fragile.